Une poussée nostalgique plus tard, la réponse à mon texto fait bip bip, t'es qu'une grosse garce, t'acharne plus ça sert à rien; va te faire mettre. C'est un pari inhabituel pour un dimanche de sobriété, je rappelle, et huits répondeurs plus tard, c'est Alice qui répond.
- Oui Clémentine.
La politesse de sa voix finit par se muer en rage après quelques dix minutes de questionnements, la fille qui m'a piqué mon mec est en train de m'expliquer qu'elle souhaiterait que je ne m'approche plus d'elle, ni de ses proches, parce que je suis néfaste, parce que j'ai dit des choses à Deniz, des choses dont elle ne parlera pas mais qui, apparament, semblent bien plus graves que les quatre mois que j'ai passé à coucher avec lui au début de leur relation, que les baisers volés au hasard des fêtes de fin d'année, que les mains au culs et les secrets. La chose est un mail, un mail terrible, que moi, excécrable personne, j'ai du taper, à en croire son état au bout du fil, dans un but vicieux, pervers et cruel.
Quand elle me raccroche au nez, parce qu'elle était un peu gonflée, quand même, de me demander de ne pas voir son mec que je ne désire plus, alors qu'elle m'a fait pleurer et supplier pendant des mois de ne pas me faire cette blessure là, quand je me retrouve à parler dans le silence du combiné, je m'assois et je commence à avoir une sévère crampe à l'estomac en questionnant ma possible bipolarité. Les médecins en ont parlé. Altération de la perception de la réalité. Dysfonctionnements sociaux et comportementaux.
Quand même. J'épluche ma boîte mail.
Good for you! I would very much like to swing by, maybe on friday? I'm glad you figured out something with Alice, it really wasn't healthy. Stop having a bad opinion of yourself and if you want to cheat on her, do it for real. World is full of sexy, willing girls.
Ah oui. Non mais ça je le pense ma petite. Mes condoléances.
Rassurée par mon état mental, qui finalement ne se résume qu'au partage outrancier de mon opinion sur le monde qui m'entoure (plus communément appelé: méchanceté), je vais me coucher, et deux jours plus tard, il l'a quittée. Deniz, je lui ai donné tellement d'amour, je le connais tellement bien, je le déteste de façon tellement masochiste, c'est à dire tout à fait plaisante pour quelqu'un en schéma d'autodestruction, qu'au final, j'ai juste envie qu'il soit heureux, trois gosses au cou, diplômé de l'ens et avec une femme à en tomber par terre, avec qui on pourrait faire un plan à trois vers l'âge de quarante ans. Alors je lui demande si il est sur, si il a fait le bon choix, je l'oblige à ravaler sa rage post rupture et ses mots trop gros pour être appliqués à une personne d'aussi petite taille; et puis on boit du vin douteux, qui me monte vite à la tête, avec cette phrase vieille de deux ans et demi, "Je crois que quand ils se sépareront, je me prendrai la plus grosse cuite de ma vie.".
Au final, je suis faite mais j'ai vu pire, je ne ressens aucune envie de me finir à la vodka et je rentre chez moi vers deux heures du matin en répondant à voix haute aux voix que j'entends depuis le début des antidépresseurs. Encore dans mon lit quand mon Lou vient embrasser mes lèvres violettes, c'était bien bébé?
Pleine de bon karma, je passe deux semaines à chantonner que la revanche est un plat que je ne mange pas. Et puis en relisant nos lettres, je tombe sur cette phrase que je préfère: that's the way to absolution clementine. You have to sin.
Alors, en guise d'amuse bouche: ne t'avise plus jamais, jamais de jouer à la plus forte avec moi. Je gagne toujours et c'est surement pas de toi que je veux pour exception qui confirme la règle.
Baci Baci ma Lili.






































